5 Rue de Grèce

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Au 5 rue de Grèce, un terrain servant de décharge et de parking depuis une trentaine d’années fait l’objet d’un achat dans le but de construire une maison individuelle et des dépendances.


Le site se situe dans la ville du Haut Empire et du Moyen Age, au sein de l’enceinte du XIIe, mais à l’extérieur du castrum, à environ 125 m au sud-est de la cathédrale. Des vestiges du Haut-Empire ont été mis au jour dans des parcelles voisines et le terrain se situe à proximité de la voie Soissons-Amiens ainsi que de l’épicentre de la ville gallo-romaine. Des sondages, en 1990, avaient permis d’atteindre des niveaux antiques. Une occupation au Moyen Age fut aussi confirmée par ces sondages et le nom ancien de la rue, « du Puit en Puit » est mentionné pour la première fois au XIIIe siècle. D’autre part, l’impasse St Hilaire située plus au Nord devait se poursuivre autrefois et traverser la parcelle concernée.


Au XVIe siècle l’abbaye St Barthélémy, située hors les murs, est rasée et se réinstalle sur la parcelle et sur la parcelle attenante à l’est à l’emplacement d’une de ses dépendances. Des caves sont alors édifiées et celles-ci sont encore parfaitement conservées. Après plusieurs réaménagements, l’abbaye est reconstruite au début du XVIIIe siècle, mais vendue comme bien national à la Révolution. L’église est alors rasée en 1832 et le reste des bâtiments rachetés par les Sœurs St Thomas de Villeneuve pour en faire un pensionnat de jeunes filles. Dans la partie basse du terrain, au sud, des bâtiments sont en outre visibles sur un plan de 1832. Touchés par les bombardements de 1918, tous ces bâtiments sont rasés définitivement en 1943. Le terrain sert alors de dépôt à charbon puis de parking pour la quincaillerie de M. Carquillat.


Un diagnostic a donc été prescrit par le SRA de Picardie et 4 tranchées ont été réalisées en 2008. Pour des raisons techniques et de sécurité, les sondages n’ont pas excédé 1,50m de profondeur. Les niveaux gallo-romains observés par B. Desachy en 1990 n’ont donc pas été atteints. En revanche, des couches médiévales et notamment une fosse dépotoir ont été mises au jour, attestant une occupation domestique et artisanale dès le XIIIe siècle.


A l’ouest de la cave, un sol de tomettes carrées superposé sur un sol de tomettes hexagonales a été dégagé révélant notamment des soupiraux (présent sur la photographie ci-dessous). Le plus ancien est à mettre en relation avec l’abbaye reconstruite au XVIIIe et l’autre avec la cour de récréation du pensionnat du XIXe. Une sorte de citerne se situe au nord est de ce sol ; complètement revêtu d’un enduit de ciment, son usage n’a pas pu être interprété.


Enfin de nombreux murs, en brique et en pierre ont été découverts dans le bas de la parcelle, le long de la rue de Grèce, correspondant à des habitations et/ou des bâtiments commerciaux dont certains apparaissent sur le plan cadastral de 1832 et qui furent détruits en 1918.