"Ecole Notre-Dame", hameau de Maigremont

Contenu de la page : "Ecole Notre-Dame", hameau de Maigremont

Avant la construction de la nouvelle école Notre-Dame, face au hameau du Maigremont, le service archéologique de Noyon a réalisé un diagnostic archéologique courant 2008.

C’est dans les tranchées du diagnostic qu’un aqueduc gallo-romain a été découvert. On connaît bien certains aqueducs du sud de la France, notamment celui qui passe par le pont du Gard, le pont n’étant qu’une section de la structure qui n’est pas visible en élévation sur le reste du tracé. En effet, l’aqueduc du Maigremont nous montre bien à quoi ressemblait ces équipements. Nous avons ainsi mis au jour 4 types de structures qui forment un ensemble hydraulique inédit à Noyon : l’aqueduc proprement dit dont on ne connaît pas l’origine, un château d’eau, une cuve terminal et une canalisation en terre cuite.

L’aqueduc
Il ressemble à une grosse canalisation en mortier banché : le mortier a été coulé directement dans une tranchée en laissant un espace intérieur en réserve pour le passage de l’eau. L’ensemble fait une soixantaine de cm de large, la rigole mesurant environ 30cm. On l’a dégagé sur une 30 mètres avant le château d’eau et sur 26 m entre le château d’eau et la cuve terminal. A certains endroits il est couvert d’un mortier de tuileau bien étanche. On ne sait pas si ce mortier couvrait tout l’aqueduc mais l’eau ne pouvait pas s’écouler si l’aqueduc n’était qu’en mortier de calcaire tel qu’on l’a découvert. Il est possible qu’une canalisation en plomb ou en bois reposait dans la rigole. La rigole était recouverte : peut-être par des dalles plates, du mortier ou par des tuiles.

Le castellum divisorium (le château d’eau)
Il s’agit d’une cuve construite en tuiles plates à rebord romaines (tegulae) maçonnées comme des briques, le tout étant pris dans une gangue de mortier qui n’est pas visible. Elle mesure 1,16 x 0,86m et était profonde de 0,95m. Le fond est fait d’une sorte de béton étanche. Cette cuve interrompe l’aqueduc et semble avoir 4 rôles : ceux de réservoir et de redistributeur d’eau mais aussi celui de bassin de décantation et il pouvait en outre servir à casser la vitesse de l’eau. La cuve était couverte d’une voute ou plus probablement d’une charpente couverte de tegulae et d’imbrices (tuiles semi-cylindriques).

Le bassin terminal
L’aqueduc se déverse dans un bassin d’1,50m de côté construit en mortier de calcaire banché et recouvert entièrement d’un mortier de tuileau rose étanche. Des traces de pics sur ses parois permettent de savoir que le bassin était nettoyé régulièrement des concrétions qui s’y déposaient. Le rôle de ce bassin est incertain : citerne ? fontaine ? Aucune trace de couvrement n’a été observée mais le basin devait être protégé.


La canalisation
Une canalisation en terre cuite part du château d’eau et s’écarte du tracé de l’aqueduc. Il s’agit de tuyaux de terre cuite avec un bout aminci permettant de les emboîter les uns dans les autres. Les joints sont liés au mortier de chaux. On ne connait pas la destination de cette canalisation car après une vingtaine de mètre elle a été perturbée et détruite. Il pourrait s’agir de l’alimentation en eau d’une villa.



En suivant un tracé potentiel de l’aqueduc on pense que la source d’alimentation de l’aqueduc se situait au lieu-dit le Petit Ourscamp sur la colline de Larbroye où des tuiles gallo-romaines avaient d’ailleurs été trouvées. En revanche on ne sait pas qu’elle était la destination de l’équipement ; il est possible qu’une villa se situe dans un champ proche et qui reste à être mise au jour. L’ensemble est abandonné à la fin du IIIe siècle comme beaucoup de structures des faubourgs, car Noyon se replie dans ses remparts dans cette période d’invasions.

Présence de tuiles au sein du rempart