L’Hôtel de Ville

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L’Hôtel de Ville : la façade principale est habillée au nord par un avant-corps en saillie néoclassique destiné à masquer l’emplacement de maisons détruites par la municipalité contre l’avis des Beaux-Arts pendant la Reconstruction.

Historique

Avant l’hôtel...

La première mention d’une maison de ville date de 1292 et elle se situait à la place de l’actuel hôtel de ville ; reconstruit plusieurs fois, il donnait sur une cour à l’est avec un puits et des bâtiments : une chambre pour les élections, la prison et des halles au nord et au sud.

Construction

En 1480, cette maison est très délabrée et la commune décide de la reconstruire. C’est l’architecte : Matthieu Réaulme qui dirige les travaux de 1485 à 1520. On peut encore admirer ce corps de logis en style gothique flamboyant comme beaucoup d’hôtel de ville picards (St Quentin). A Noyon, la chapelle Notre Dame du Bonsecours et le palais épiscopal sont aussi édifiés à cette époque dans le même vocabulaire.

La façade occidentale est richement ornée de bandeaux entre le rez-de-chaussée et l’étage. S’y mêlent des animaux domestiques et sauvages : faisans, lapins, chiens, sangliers semblent surgir ou se cacher dans une verdure foisonnante de choux frisés, grappes de raisin, thème courant dans les enluminures et les tapisseries de cette époque. On rencontre aussi des personnages et des animaux fantastiques, sirènes, diables, dragons, tour à tour effrayant, drôles ou mystérieux.

Le premier étage est scandé par une série de neuf niches entre les sept baies à meneaux surmontées d’une arcature en anse de panier et encadrées de pinacles et d’archivoltes fleuronnées. Chaque visiteur se demande alors quelles statues pouvaient bien orner cet édifice public. Il s’agissait probablement des 9 preux, thème couramment représenté sur les hôtels de ville. Ces neufs héros, symboles de l’esprit chevaleresque médiéval, étaient choisis dans les 3 lois (païenne, juive, chrétienne) : Hector, Alexandre et César ; Josué, David et Judas Macchabé ; Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. Une sorte de marquise et une bannière en cuivre portant les armoiries de la ville, aujourd’hui disparues, complétaient ce décor flamboyant et symbolique.

On accédait à la cour orientale par une porte cochère. On y trouvait la chambre du conseil, la chambre de l’audience, le trésor, la prison, la chapelle et des halles, car il ne faut pas oublier que le pouvoir communal repose d’abord sur les activités marchandes de ses bourgeois.

La façade occidentale est plus sobre : au centre grande arcade avec une archivolte en tiers point et perçant les solides murs, seulement 3 fenêtres. Dans l’angle nord-est, la tourelle d’escalier octogonale à 5 niveaux était appelée la « belle montée » : les étages sont séparés par une corniche ornée d’une frise de chardon. Un casque de soldat orne le pignon du mur de la cour faisant pendant à un autre motif sculpté. Dommages et Reconstruction

* En avant de ce bâtiment, se trouvait le beffroi, se dressant fier comme le symbole du pouvoir des bourgeois sur la place du grand marché, du côté de la rue des Boucheries. Détruit dans l’incendie de 1293, il est reconstruit en matériaux léger vers 1310 puis en pierre en 1328. Massive structure carré, il renfermait une prison, des latrines et une chambre. Une lampe, deux cloches et une horloge finissaient de l’orner.

  • En 1552, cet ensemble brûle ; si le corps de logis est restauré, le beffroi ne fut jamais reconstruit. Il faut alors attendre 1689 pour que des travaux modifient sensiblement l’hôtel de ville. Pierre Binard est chargé de sa reconstruction dans un style classique. La porte cochère que nous empruntons date de cette époque ainsi que de nombreux ajouts au premier étage : l’entablement, les balustrades, les lucarnes, les cinq occuli, les pots à feu à décor à godron et le fronton hémicirculaire. C’est aussi à cette occasion que l’on crée un campanile.
  • Comme bien souvent, la Révolution sera une période de destruction : les décorations trop royalistes ou religieuses sont bûchées ou anéanties. C’est pourquoi au XIXe, Selmershiem, architecte des monuments historiques, propose un projet de restauration pour rendre l’édifice tel qu’il était au Moyen Age ainsi que la création de deux travées côté nord et un nouveau campanile qui n’ont jamais existé au Moyen Age : jugé trop onéreux et trop peu fidèle, ce projet ne fut jamais réalisé..
  • Avec les bombardements de 1918, l’hôtel de Ville est fortement touché : outre la restauration du corps de bâtiment XVIe avec ses décorations, la construction de nouveaux bâtiments administratifs est prévue de part et d’autres du bâtiment XVIe. Celui du nord ne fut jamais construit. La charpente du corps de logis est refaite en béton, comme celle de la cathédrale et le nouveau toit en ardoise. L’ensemble comprend aussi une maison du XVIIIe.
  • En 1935, la ville décide de démolir deux maisons des XVIIe-XVIIIe, collées au corps de logis XVIe afin d’agrandir la place ce qui provoque la colère des Beaux-Arts et le déclassement de l’hôtel de ville (classé en 1875) jusqu’en 1998 où il est inscrit sur l’inventaire des MH. En 2004, l’ensemble est à nouveau classé.

L’Etat actuel

Toujours à usage d’hôtel de ville depuis 5 siècles. Les façades anciennes sont encrassées, et les détails les plus fins des sculptures sont dégradés.

Contacts

Services municipaux

Services municipaux

Direction des Affaires culturelles - Service Archéologique et des monuments historiques