La cathédrale en chantier

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L’entretien régulier

Depuis de nombreuses années, les équipes des services techniques de Noyon s’occupent dans l’ombre de la cathédrale de manière quasi quotidienne. Il convient de souligner ces innombrables gestes qui passent souvent inaperçus mais qui sont indispensables à la santé de notre plus important monument historique et à la sécurité de tous. Il s’agit d’abord des petites réparations inévitables : changer quelques tuiles endommagées ou tombées après des intempéries, une serrure à réparer, une gouttière à nettoyer ou changer, des pierres à rejointoyer etc. Mais cela concerne aussi le long travail répétitif de nettoyage de cet espace immense pour le débarrasser de la poussière, des fientes et des cadavres de pigeons. La population de ces derniers diminue d’ailleurs dans la cathédrale : grâce au pigeonnier, ils vont enfin nidifier ailleurs.








Sans ces travaux, la cathédrale vieillirait beaucoup plus vite et beaucoup plus mal et il est important de le mettre en lumière car leurs résultats ne se voient pas de manière frappante.

Le nettoyage des parties hautes de la cathédrales en 2007, 2009 et 2011)

De nombreux Noyonnais et visiteurs ont remarqué l’abondance de la végétation et de la mousse qui dénaturaient la cathédrale. Il s’agissait parfois de véritables arbres qui avaient pris racine dans les joints, menaçant ainsi la maçonnerie. Un autre problème, invisible mais non moins inquiétant, menaçait en outre le monument : le réseau complexe et très long des gouttières, descentes et chéneaux était complètement obstrué par l’accumulation de feuilles, de mousse, de végétaux en décomposition, de fientes et de cadavres de pigeons. Aussi, l’eau de pluie ruisselait elle sur les murs, voire pire, dans les maçonneries, ce qui était visible à l’intérieur de la cathédrale où certains murs présentaient des traces d’humidité voir de longues coulures. Cela nécessite continuellement une intervention de nos services tous les deux.

L’espace à nettoyer et les réparations à effectuer représentent une masse de travail titanesque et il était impossible de tout réaliser en une année. Les travaux de 2007 ont donc paré au plus urgent : encore une fois, ce sont les parties nord de l’édifice qui étaient les plus atteintes et c’est donc par là que les travaux ont débuté. Les murs, les toits, les gouttières et les chéneaux de la cathédrale ont été démoussés, débarrassés des amas organiques qui s’accumulaient et de la végétation qui y poussaient tandis que d’importantes réparations ont été effectuées. Des produits anti-mousse ont enfin été vaporisés jusqu’au plus haut du toit de la nef ce qui représentait un petit exploit d’alpiniste vu la hauteur de l’édifice.

Ainsi, l’écoulement des eaux dans les hauteurs de la cathédrale se fera désormais de manière rationnelle permettant d’éviter à la fois les infiltrations d’eau dans les murs et la stagnation dans des zones humides qui favorisait la pousse des végétaux et de la mousse. En 2009 ainsi qu’en 2011, l’ensemble des parties hautes de la cathédrale a de nouveau été nettoyé ainsi que le chevet.
Le Chevet

Le drainage du cloître en 2007

Le cloître de la cathédrale se situe au nord de celle-ci. Il est donc non seulement dans l’ombre de l’édifice mais est en outre exposé au mauvais temps venu du nord. C’est la raison pour laquelle cet espace confiné est particulièrement humide et récemment plantes et mousse ont proliféré à la fois sur les murs de la cathédrale et sur ceux des autres bâtiments du cloître. On avait en outre remarqué que les eaux s’y écoulaient très mal. C’est la raison pour laquelle d’importants travaux de drainage ont été entrepris durant l’année 2007 : la récupération des eaux pluviales a été améliorée au niveau des descentes et des collecteurs au sol et le réseau de drainage a été rationalisé. L’eau récupérée ne s’en va plus au hasard dans le sol mais est logiquement reconduite en un seul point : le puits central du cloître d’une profondeur assez importante pour accepter un grand volume d’eau. En effet, les tranchées de collection des eaux longent les bâtiments pour éviter que l’eau ne remonte par capillarité dans les maçonneries.
On espère ainsi que l’humidité captée de cette façon ne remontera plus dans les maçonneries et que les effets de suintement et de stagnation seront moins importants, limitant ainsi la prolifération végétale.

Le cloître en plein chantier, avec le puits au centre qui collectera les eaux


La réparation et la protection des vitraux de la cathédrale

L’un des plus gros chantier entrepris au cours des années 2007 et 2009 concerne la réparation et la protection des vitraux de la cathédrale. Cela fait plusieurs années que la municipalité tente de lancer cette grande campagne rendue nécessaire par le vandalisme et les conséquences des éléments naturels. Mais sans une aide substantielle de l’Etat cette opération n’était pas possible. En 2006, la bonne surprise a été l’acceptation du dossier de demande de subventions et suite à un appel d’offre pour choisir l’entreprise compétente, les travaux ont enfin débuté. En raison de l’importance du projet, les travaux ont été prévus en trois phases sur trois ans. L’année 2007 concernait les vitraux du chevet et du bras sud du transept ; en 2008, tous les vitraux des chapelles sud de la nef ont été remis à neuf et en 2009 il s’est agi de la salle capitulaire et de la salle du trésor.

Ceux qui sont récemment rentrés dans la cathédrale ont donc pu voir l’importante équipe de verriers de l’entreprise noyonnaise Vitaux Max s’affairer sur leurs établis à la découpe du verre et sur les échafaudages au remplacement des verres brisés. Une grande partie des baies endommagées a ainsi déjà été réparée et très bientôt elles bénéficieront de toutes nouvelles protections en cuivre qui épouseront leurs formes afin de ne pas dénaturer leur aspect. On espère que cela découragera les vandales qui se plaisent à caillasser ces parures de verres colorés dont certaines remontent au XIIe siècle.








Un exemple parlant de la rénovation des vitraux : le vitrail de la chapelle Ste Catherine, au nord du chevet, avant et après intervention des verriers.