Lotissement la fontaine Saint-François

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A Noyon (Oise), au lieu-dit la Fontaine Saint-François, Chemin du Châtelain (route de Genvry), un projet de lotissement de 16941 m2 a motivé la réalisation d’un diagnostic archéologique en 2006. La parcelle se situe au nord-ouest de la ville, à l’extérieur de la ville médiévale, à proximité de la Verse et à moins d’une centaine de mètre de l’ancienne voie romaine Amiens-Soissons (via Agrippa).


Des vestiges d’empierrement et un atelier de potier situés à proximité laissaient supposer la présence de traces d’occupation antique dans ce secteur. En outre, la présence du Moulin du Châtelain, attesté depuis le XIIe et le toponyme du lieu qui fait référence à un monastère de Cordeliers, laissaient penser que l’occupation s’est continuée au Moyen Age.

L’évaluation archéologique (6 tranchées) a révélé une occupation clairsemée à l’époque médiévale, essentiellement agricole, caractérisée par des silos et des structures légères en bois. Une production de tuiles de l’époque moderne a existé en outre dans les environs, comme l’atteste un important dépotoir de ratés de cuisson.

Trou de Poteau

Grains brulés attestés présents au sein de l’une des fosses silos

Cependant, la parcelle a fortement été perturbée au XXe siècle. Les nombreux impacts d’obus témoignent de l’intensité des combats de la 1re Guerre mondiale (voir photographie ci-après), tandis que l’activité agricole récente est responsable de remaniements et de probables disparitions de vestiges : arasements causés par les labours, construction puis destruction d’un hangar en bas de pente.


Il faut enfin signaler le fort pendage du terrain qui explique une forte érosion des parties hautes et au niveau de la rupture de pente, ainsi qu’une tendance du sol à glisser vers le bas.

La présence d’argile et de la Verse expliquent sans doute l’occupation agricole (silos étanches) et artisanale (tuiles) de cette parcelle.


Vase à bec ponté découvert au sein d’une fosse silo

A noter

Le lien entre les vestiges et les connaissances historiques n’a pas pu cependant être prouvé. En outre, les vestiges mis au jour sont certes d’un intérêt évident, mais leur dispersion et le mauvais état de conservation des deux tiers de la parcelle laisse supposer que les vestiges sont peu denses et pour beaucoup déjà détruits.