Marcel Leroy

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Marcel Leroy - Noyonnais centenaire

Vivre Noyon : Racontez-nous votre vie ?

  • Marcel Leroy : Natif de Compiègne, ma mère et moi n’y avons pas habité très longtemps. Je n’ai pas connu mon père qui est décédé dès les premières semaines de sa mobilisation en 1914. Enfant, je suis allé à l’école à partir de 8 ans jusqu’à 13 ans. C’était autre chose de mon temps ! Imaginez : une seule classe mixte de 40 élèves âgés de 8 à 13 ans. Mon maître d’école appliquait alors la méthode de l’ardoise à des élèves en culottes courtes avec brodequins aux pieds en été et galoches en hiver. Surnommé affectueusement t’chot voyou par certains adultes, mes camarades et moi n’avions peur de rien. Dès mes 13 ans, j’ai commencé à travailler et j’ai appris le métier de mécanicien. Je me suis ensuite marié en 1932, j’avais alors 19 ans et je suis parti faire mon service militaire la même année. Appelé pour quinze longs mois, c’est ma femme qui a dû faire bouillir la marmite de la maison jusqu’à mon retour en 1935. Puis ce fut le début de la guerre. Remobilisé dès 1939 jusqu’en 1945, j’ai servi notamment dans l’armée de l’air où je m’occupais des moteurs d’avions. En 1952, je suis arrivé à Noyon pour reprendre une affaire de garage qui n’allait pas bien fort. La réparation était ma seule activité au départ mais j’ai ensuite, petit à petit et de mes mains, construit plusieurs box à véhicules pour les louer. Par la suite, je me suis entièrement consacré à cette activité de location de garages.

VN : Le 11 janvier dernier, vous avez eu 100 ans, quelle est votre recette ?

  • ML : Si on doit parler de recette, mon premier ingrédient est de ne consommer ni alcool, ni tabac ou drogue ! Autre ingrédient, le travail qui est source de santé. J’ai arrêté mon activité depuis un peu plus d’un an, je suis donc un jeune retraité. Sachez aussi que je n’ai pris mes premières vacances qu’à l’âge de 70 ans. Je suis alors parti aux Baléares avec ma femme et nous avons refait nos valises, deux ans plus tard, pour visiter la Yougoslavie. Mon travail m’a également permis de pouvoir rencontrer des gens différents et d’apprendre de ces échanges. C’est le troisième ingrédient qui est d’entretenir son esprit et son corps. J’ai pratiqué plusieurs disciplines sportives. J’ai notamment fait de la montée de corde, des agrès et du saut en hauteur en salle. Plus tard, pratiquant le tir à l’arc, j’ai été roi des archers. Egalement amoureux de la petite reine, j’ai fait beaucoup de courses cyclistes et occupé le poste de vice-président du vélo-club de Tergnier lors de sa création. J’ai aussi fait de la course à pied et du billard. J’ai même participé aux championnats de France de billard ! Plus original, j’ai fait de la boxe en amateur. Cela m’a d’ailleurs un peu servi car, bien qu’étant de nature calme, j’ai quand même dû régler quelques différends.

VN : Vous vivez à Noyon, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

  • ML : La ville a changé en 60 ans, c’est une nouvelle époque ! Je préciserai simplement deux choses. Connaissez-vous le proverbe « qui n’avance pas, recule » ? C’est un peu ce qui illustrait Noyon il y a quelques années. La municipalité avait alors plus de moyens financiers qu’aujourd’hui mais n’a pas réalisé de projets de grande envergure. Actuellement et avec des moyens financiers qui ont été restreints, c’est le contraire. La ville change et fait preuve d’audace. Monsieur Deguise est un gars qui s’accroche et j’aime ça !